Derrière les coulisses
Mon bon ami, Pierre Argo, peintre et photographe, a publié un album photo en 2001 intitulé “Maurice vue d’un oiseau”. Pour créer l’album, il a pris environ 1700 photos analogiques depuis des hélicoptères et des avions légers avec son Nikon analogique. Malheureusement, il n’a pas pu prendre beaucoup de photos des îles appartenant à Maurice mais situées plus loin (les “îles éloignées”). L’année dernière (2023), il a décidé de créer un album similaire, cette fois avec des drones, ce qui est moins coûteux et logistiquement plus facile qu’avec des hélicoptères et des avions. Les îles éloignées seront montrées avec beaucoup plus de détails dans l’album.
Pierre a choisi Saint Brandon comme premier groupe d’îles. J’étais ravi lorsque Pierre m’a proposé de participer au travail photographique. Il était important pour lui d’offrir d’autres perspectives en plus de la photographie aérienne, comme la photographie sous-marine. J’ai pris la responsabilité de ces dernières.
Notre expédition a duré 11 jours, avec 30 heures de voyage à l’aller et 27 heures au retour. Nous avons navigué sur le cotre de pêche « Fregate » appartenant à la Raphaël Fishing Company. Nous avons passé la nuit sur Raphaël Island, où se trouve la base de la Raphaël Fishing Company. La compagnie nous a mis à disposition une vedette à moteur avec un skipper qui connaissait très bien tout l’archipel. Le skipper, Monsieur Boulon, nous emmenait chaque jour sur d’autres îles, habitées uniquement par des animaux. Il s’agissait de : l’île Tortue, l’île Paul, l’île Corail, l’île Avocaire, les îles Tet Tec, l’île Dagorne, l’île Coco. L’avant-dernière nuit s’est passée sur l’île du Sud.
Jour 1

09.04.2024, 10:30 – Le bateau de pêche « Frégate » sur lequel nous passerons les prochaines 30 heures nous attend au port de Port Louis.

Ces boîtes contiennent notre équipement : drones, matériel photo, équipement de plongée avec tuba, batteries externes, panneaux solaires, etc.

Une fois notre équipement chargé et rangé en toute sécurité, nous rendons visite au capitaine dans le cockpit.

Le bateau de pêche transporte des fournitures pour tout l’équipage et pour les pêcheurs travaillant à Saint Brandon.

Sur le chemin du retour vers Maurice, jusqu’à 4 tonnes de poisson sont transportées dans quatre chambres froides.

Les boissons ne manqueront pas 😉

14:23 – Le chargement du cutter est terminé, il a été entièrement ravitaillé (diesel pour la traversée et essence pour les canots et groupes électrogènes sur place), et le poste frontière flottant a vérifié nos passeports. Nous pouvons repartir et bientôt nous laisserons derrière nous Port Louis et Maurice.

À 15 kilomètres de Maurice se dresse Pigeon Rock. En arrière-plan se trouve Round Island, qui est une réserve naturelle.

Les instruments de navigation dans le cockpit du « Fregate » permettent de voyager en toute sécurité même dans des conditions météorologiques difficiles et dans la nuit.

Une perspective inhabituelle de Gunner’s Quoin Island. En arrière-plan, on aperçoit les montagnes de la chaîne Moka avec le sommet de Peter Both.

Pour dormir, il y a 3 cabines pour 11 personnes. Par temps chaud, beaucoup préfèrent dormir sur le pont.

17:56 – Le soleil va bientôt se coucher.

21.34 – La nuit est si claire et la pollution lumineuse si faible que j’ai réussi à prendre une photo d’Orion et de Sirius avec mon iPhone.
Jour 2

10.04.2024 06:18 – Un nouveau jour se lève. Lever du soleil au milieu de l’océan.

16:59 – Après dix heures et demie de voyage sans incidents majeurs, nous sommes arrivés à l’extrémité sud de l’archipel : l’île du Sud. Nous ne nous arrêtons pas, nous continuons simplement notre voyage vers l’île Raphaël.

Mauvais pour l’environnement : des navires échoués sur le récif corallien sud.

Petite réunion dans le cockpit. Le capitaine nous indique lesquelles des îles de l’archipel, selon lui, doivent absolument être vues.

17:21 – Il nous reste encore près de deux heures de voyage avant d’atteindre notre destination. Tous nos compagnons de voyage n’ont pas bien supporté le voyage.

Rencontre en pleine mer : deux pêcheurs nous rattrapent en bateau.

Ils amarrent au “Frégate”.

Il s’avère qu’ils sont venus récupérer le moteur du bateau que nous transportions pour eux.

Aussitôt arrivés, ils retournent vers l’île du Sud.

18:20 – Juste avant l’arrivée. Un beau coucher de soleil.

19:27 – Finalement nous sommes arrivés à l’île Raphaël. Notre équipement est d’abord amené sur le pont…

…et ensuite chargés sur un canot. Cela est nécessaire car l’eau autour de l’île est trop peu profonde pour que le bateau de pêche puisse s’approcher davantage.

Voici notre simple hébergement…

…même avec une salle de bain.

21:12 – Curieux, je suis sorti avec ma lampe de poche et j’ai vu des oiseaux partout dans les arbres qui n’avaient pas peur de moi.
Jour 3

11.04.2024, 09:26 – Le troisième jour de notre voyage. L’île Raphaël, vue depuis les airs, semble complètement perdue. Tout à droite, vous pouvez voir le bateau de pêche sur lequel nous sommes arrivés la veille au soir.

L’île vue d’une autre perspective. Au premier plan, vous pouvez voir la chapelle Saint-Louis.

La chapelle Saint-Louis vue de l’extérieur…

…et de l’intérieur.

Avec de tels sloops, les pêcheurs partent chaque jour à la mer par paires pour attraper du poisson. Seule la pêche à la ligne est autorisée sur Saint Brandon afin de ne pas endommager la barrière de corail.

19:11 – La journée se termine par un délicieux dîner : le vinday de poisson.
Jour 4

12.04.2024, 06.50 – Quatrième jour sur l’archipel. Nous allons à l’Île aux Tortues. C’est une demi heure de route.

Notre matériel attend d’être chargé sur le bateau.

Notre guide, M. Boulon, vient nous aider avec le chargement.

Le sloop nous attend.

06:55 – Le soleil est déjà bien au-dessus de l’horizon.

Pierre est prêt à embarquer.

Nous sommes sur l’eau en direction du sud-est.

Comme toujours, M. Boulon barre en position debout pour avoir une meilleure vue d’ensemble du parcours.

Chaque jour, des oiseaux marins nous accompagnent un moment. Voici une sterne blanche.

07:39 – Après environ 40 minutes de voyage, nous avons atteint l’extrémité nord-est de l’île de la Tortue.

M. Boulon amarre le hors-bord…

.. et nous aide à décharger notre matériel.

Turtle Island – une plage apparemment sans fin, qui montre rarement des traces de personnes. Partout il y a des oiseaux qui semblent être très curieux.

Pierre essaie de les attirer.

Notre centre de commandement se trouve, autant que possible à l’ombre pour protéger l’équipement (et les personnes) du soleil brûlant.

Le nom de l’île vient des tortues de mer qui viennent ici pendant la saison de reproduction pour enfouir leurs œufs dans le sable. Comme nous n’étions pas là pendant la saison de reproduction, nous n’avons vu ces animaux que dans l’eau.

Par contre, les oiseaux peuvent être vus partout. On estime qu’il y a près de 600 000 oiseaux sur l’archipel. La majorité sont des sternes fuligineuses, suivies par la noddi brun et la noddi noir en deuxième et troisième place.

Bien que les gens viennent rarement sur cette île (et sur les autres), les déchets sont omniprésents. Ici vous pouvez voir les spécimens particulièrement gros…

…des bouées perdues quelque part dans l’océan. Il existe également d’innombrables autres objets en plastique qui débarquent à terre : tongs, gourdes, briquets, brosses à dents, etc. Nous le verrons sur des photos prises sur d’autres îles.

L’Île aux Tortues en taille réelle. Elle fait près de 2 km de long. J’ai assemblé la photo à partir de 15 clichés individuels. Sa résolution est de 11660 x 12264 pixels.

Un détail de la grande photo montrant notre sloop et notre “centre de commandement”.

10:46 – Nous quittons Turtle Island et nous nous dirigeons vers Coral Island.

Nous ne ressentons pas trop la chaleur car le vent reste agréablement frais. Mais le soleil est impitoyable et il faut couvrir au maximum sa peau.

En chemin, nous voyons des pêcheurs qui pêchent dans l’eau jusqu’aux genoux.

11:20 – L’île de Corail est très petite et est entièrement formée par le récif corallien. La végétation y est très, très clairsemée.

Nous utilisons nos drones pour prendre de nombreuses photographies aériennes de l’archipel à partir d’ici.

18:00 – De retour sur l’île Raphaël, nous sommes accueillis par les oiseaux.
Jour 5

13.04.2024 07:00 – Le lendemain, le voyage continue vers l’île Paul. Cette île est assez grande et habitée par diverses espèces d’oiseaux marins. La route là bas va prendre plus qu’une heure.

Comme toujours, nous partons à 7 heures du matin avec M. Boulon…

……et comme toujours, nous avons de la compagnie.

L’île de Paul ressemble à une raie vue d’en haut. Elle est située près du récif corallien oriental.

Dans les eaux peu profondes autour de l’île, on peut voir beaucoup de petits requins.

08:21 – Voici notre centre de commandement de drones sur la plage. À partir d’ici, nous avons fait de petites excursions à pied pour photographier les oiseaux de près.

Les oiseaux sont partout ici : dans les airs, sur les buissons et aussi au sol.

Il faut faire très attention à ne pas piétiner les œufs qui traînent au sol.

Vous pouvez voir des oiseaux nouvellement éclos…

… et ceux qui sont déjà plus gros mais ne savent toujours pas voler.

Parfois les œufs sont au sol, parfois dans le nid…

…parfois ils ne sont pas surveillés…

…parfois un parent est là, prêt à chasser l’intrus.

Il y a des essaims de sternes fuligineuses dans le ciel, généralement très curieuses…

L’un d’eux a volé en ricanant si près qu’il a failli accrocher l’objectif de mon appareil photo.

Également nombreux sont les noddis, qui peuvent être agressifs envers les intrus.

Les petits, qui ne savent pas encore voler, courent sur leurs petites pattes pour se cacher quelque part.

Les adultes sont moins timides et essaient de chasser l’intrus avec des sons ressemblant au sifflement d’un chat agacé.

Les noddis et les sternes perchés sur les buissons (le plus souvent le naupaka de plage) se placent toujours face au vent.

Peut-être que cela leur facilite le décollage ?

Des oiseaux beaucoup plus gros, comme les frégates, vivent également sur l’île Paul. Des escadrons entiers d’entre eux planent dans le ciel, apparemment sans effort, battant rarement des ailes.

Certains d’entre eux transportent des matériaux de construction.

Et il y a une progéniture affamée qui attend par terre

“Oh, je crois que papa revient au nid!”

Le bec de la frégate, recourbé comme un hameçon, est une arme extrêmement efficace.

Parmi les grands oiseaux de l’île Paul, les Bobbys (Fou) aux pieds rouges sont également nombreux.

Ils construisent souvent des nids à proximité immédiate des frégates.

…avec qui ils peuvent bavarder.

Assis sur la plus haute branche, Fou aime observer ce qui se passe autour de lui.

Voisines

Et ici, sur cette belle île déserte habitée uniquement par des animaux, les DÉCHETS sont présents comme un fléau venu de loin, mis en mouvement par le vent et les courants marins. Aujourd’hui, aucune région de notre planète ne peut se protéger efficacement contre ce fléau.

12:59 – Nous quittons l’île Paul et après une demi-heure de trajet nous atteignons l’île Avocaire.

L’île elle-même, dont la forme me rappelle la section horizontale du « Flat Iron Building » à New York, est petite, mais sa végétation est abondante.

En arrivant au rivage, nous sommes accueillis par une importante colonie de noodys. qui ne paniquent pas lorsqu’ils voient des inconnus, ils nous regardent simplement avec intérêt.

L’île Avocaire contient les vestiges d’un bâtiment qui faisait partie de la base de pêche de l’île Raphaël et abritait autrefois un petit atelier de petites réparations de bateaux. À l’origine, le bâtiment se trouvait à environ 100 mètres de l’eau. Aujourd’hui, ses ruines reposent dans l’eau. Les forces de la nature sont difficiles à vaincre.

A l’ombre de ces ruines nous avons installé notre « centre de commandement » de drones.

J’ai décidé de voir ce qui se cachait dans les épais buissons qui recouvraient l’île. Il y avait des noodys presque partout. Il y avait aussi quelques sternes blanches. Tant que la distance entre moi et les oiseaux n’était pas inférieure à environ un mètre, ils ne montraient aucune anxiété.

En allant un peu plus loin, j’ai fait une découverte : j’ai d’abord vu un nid dans lequel la femelle noody gardait un œuf.

Je l’ai dépassée et je suis allé environ deux mètres plus profondément et c’est ce que j’ai vu. Il s’agit de ce qu’on appelle une « grotte », c’est-à-dire une petite chapelle construite par les fidèles « à l’état sauvage » sans la participation de l’église. Il existe de nombreuses « grottes » de ce type à Maurice : sur les rochers de la côte, dans les champs et même dans les villes (c’est un sujet pour un projet photo séparé). Dans cette « grotte » se trouve un buste du Père Laval. Jacques-Désiré Laval arrive à Maurice en 1841 et consacre son activité missionnaire à la population créole et aux esclaves qui avaient retrouvé leur liberté trois ans plus tôt grâce à l’abolition de l’esclavage en Angleterre. De l’île Avocaire nous sommes retournés à l’île Raphaël.
Jour 6

14.04.2024 06:28 – Sixième jour. Je me suis levé un peu plus tôt pour prendre des photos à la lumière du soleil levant. Au premier plan se trouve l’île Raphaël, plus au nord l’île Poulaiier et plus loin encore l’une des plus grandes îles de l’archipel, l’île Puits à Eau. C’est l’extrémité nord de l’atoll. L’archipel compte deux autres îles au nord de l’atoll : l’île du Nord et l’île Albatros.

Ici se trouvent deux îles situées vers le sud, à deux pas de l’île Raphael : la minuscule Petit Raphael et la bien plus grande île Swati.

Nous partons, comme d’habitude, à 7 heures du matin. Aujourd’hui, notre objectif est l’une des îles Tectec. Nous y naviguons pendant plus d’une heure et demie.

Le nom Tectec vient des petites coquilles Tectec qui sont le principal « matériau de construction » de ces îles. Celui vers lequel nous nous dirigeons semble complètement perdu.

Notre « centre de commande de drones » suscite un énorme intérêt de la part des oiseaux.

Les îles Tectèques sont formées par les courants marins et le vent.

La végétation y est très modeste.

Les oiseaux semblent être des vacanciers sur la plage.

Ces énormes bancs de coquillages pourraient sembler infiniment loin de la civilisation humaine s’il n’y avait pas…

…LES DÉCHETS 😣

Je me demandais quelles quantités gigantesques de cette saleté doivent flotter dans les eaux de l’océan si tant de déchets arrivent dans un endroit aussi éloigné et petit que Saint Brandon. J’ai laissé éclater ma frustration en disposant des mots obscènes sur la plage avec les tongs, les brosses à dents et autres débris que j’ai trouvés.

😳😡

J’ai fait la même chose sur Coral Island, où nous nous sommes arrêtés brièvement en revenant vers Raphael Island.

😳🥺🥺😡😡😡

17:40 – La base de pêche de l’île Raphaël est très petite. Les pêcheurs y restent de quelques semaines à trois mois. Puisqu’il n’y a ni Internet ni réseau téléphonique (à l’exception d’un téléphone satellite), les gens occupent leur temps libre de deux manières : en jouant à des jeux et…

… télévision par satellite…

…au cinéma du coin 😉

19:45 – Les « rues » du campement sont propres et bordées de poubelles remplies de fleurs.

La chapelle Saint-Louis est illuminée.

Et les oiseaux sont assis partout…
Jour 7

15.07.2025 – Le septième jour de notre voyage. La destination du jour sont les îles du sud de l’archipel. Nous partons à 6h55 et arrivons à l’île de Dagorne à 9:20.

Deux heures et demie assis sur un banc en bois, sautant constamment sur les vagues, est un exercice dur pour l’esprit et le corps 😅
.

10:00 – La récompense de ces efforts est la vue sur l’île Dagorne. Il s’agit d’un banc de sable fin fait de coraux et de coquillages broyés, recouvert d’une végétation clairsemée. Cette photo montre la vue vers l’extrémité sud de l’archipel. Notre bateau est visible sur le côté gauche de l’île Dagorne.

L’île est utilisée par les pêcheurs de l’île du Sud comme « parking » pour leurs bateaux. Au milieu de cette photo, vous pouvez voir notre « centre de commandement » de drone.

Si le bateau sur le côté gauche vous semble familier, alors vous êtes des lecteurs attentifs de mon journal de voyage 👍😀 Le même bateau est visible sur ma photo du deuxième jour de notre expédition. Il y avait à bord deux pêcheurs de l’île du Sud, pour qui nous avons apporté un moteur de bateau de l’île Maurice.

Cette île regorge également de déchets plastiques. À la recherche d’une sorte de panier, j’ai commencé à ramasser les déchets autour de notre « centre de commandement ».

C’est le résultat d’environ 15 minutes de collecte dans un rayon d’environ 15 mètres !

L’île Dagorne (en bas) est adjacente à l’île Coco (en haut). Elles ne sont séparées que par un petit détroit.

L’île Coco est l’une des plus grandes îles de l’archipel. Elle mesure près de 4 kilomètres de long. Elle comptait autrefois de nombreux cocotiers, mais un cyclone qui a dévasté l’archipel il y a 40 ans les a presque tous détruits. Il est prévu de replanter des palmiers sur l’île, mais les lapins sauvages constituent un obstacle à la survie des jeunes palmiers.

La traversée vers l’île Coco a pris plus de temps que prévu. La raison en est la faible profondeur du lagon, qui nécessitait de naviguer à vitesse minimale avec un seul moteur.

Sur l’île Coco, nous nous sommes cachés dans les fourrés denses juste à côté de la plage.

Je me suis concentré sur la photographie d’oiseaux chassant dans la mer.

L’île Coco vue vers l’extrémité sud de l’archipel.

Sur le chemin du retour, comme d’habitude avec une escorte.
Jour 8

16.04.2024 – Huitième jour de l’expédition. La destination est l’île du Sud. Ce sera notre plus long trajet et il durera plus de trois heures dans des conditions similaires à celles du jour précédent : beaucoup de vagues et beaucoup de secousses dans le bateau.

06:33 – Avant de partir, nous libérons notre hébergement sur l’île Raphaël car la nuit suivante nous dormirons sur l’île du Sud. A notre retour de l’île du Sud, nous passerons la nuit sur la Frégate qui nous ramènera à Port Louis.

08:01 – La première heure du voyage se déroule sans changements significatifs dans le paysage : l’océan, le ciel et notre bateau.

08:55 – Nous passons devant l’île Coco.

Plus au sud, les bancs de sable se multiplient, à peine dépassant de l’eau mais remplis de visiteurs ailés.

10:15 – Nous avons enfin atteint notre destination : l’île du Sud !

Le bateau est ancré dans l’eau.

Depuis la plage, un chemin étroit mène au bungalow où nous passerons la nuit.

L’accueil visible sur le panneau de gauche reflète bien le caractère de ce lieu.

En arrivant au bungalow, il s’avère qu’il y a aussi une plage de l’autre côté.

Alors que je me familiarise avec les environs, une sterne blanche m’accompagne, comme si elle essayait de deviner mes intentions.

13:15 – L’après-midi, je décide d’aller dans l’eau pour prendre quelques photos. A cause du grand nombre de requins, je n’ose pas le faire dans la partie nord de l’archipel. M. Boulon m’assure que dans la partie est du lagon près de l’île du Sud, il n’y a rien à craindre.

Sous l’eau, j’étais essoufflé : à une distance de 10-15 mètres du rivage et à une profondeur de 3 mètres, j’avais des vues similaires à celles de l’île Maurice à une profondeur de 12 mètres, à un kilomètre du rivage.

Les beaux bénitiers referment rapidement leur coquille lorsqu’ils remarquent mon ombre…

… alors j’essaye de me rapprocher d’eux en nageant vers le soleil.

Après les photos sous-marines, il est temps de faire des prises de vue aériennes. Dans notre bungalow, nous serons bercés ce soir par le bruit des vagues des deux côtés du bâtiment.

Vue vers le sud-est : au premier plan, on voit l’île du Sud avec notre bungalow. En arrière-plan, le récif corallien oriental, où deux grands navires de pêche sont échoués. Sur cette photo, on aperçoit le « Khan Yang » de Malaisie, qui s’est échoué sur le récif en février 2015.

Changement de perspective vers le nord-est : au premier plan se trouve l’île du Sud, légèrement plus haut se trouve l’île Grand Capitaine. En arrière-plan, le récif corallien oriental avec l’épave du « Yu Feng 67 » de Taïwan, qui s’est échoué sur le récif en décembre 2022.

L’équipage a été secouru par des pêcheurs arrivés sur les lieux de l’accident à bord de bateaux de pêche en provenance de l’île Raphaël. Heureusement, il n’y a pas eu de marée noire.

17:55 – Juste après le coucher du soleil, tout se calme soudainement. Les oiseaux se taisent et se préparent pour la nuit.

Pierre prévoit des photos pour le lendemain.

Une visite inattendue d’un habitant natif de l’île du Sud : il explore tranquillement une pièce après l’autre, et après environ 20 minutes, il revient d’où il vient 🤓

19:51 – Une belle nuit au clair de lune. Dehors, il n’y a pratiquement pas de lumière artificielle. Des conditions idéales pour prendre quelques photos de nuit.

20:14 – Le clair de lune est si fort qu’il illumine la plage comme le soleil.

20h30 – Même la nuit, tous les oiseaux regardent dans la même direction 😅
Jour 9

17.04.2024 06:47 – Un nouveau jour sur l’île du Sud. Quelqu’un veut dormir un peu plus longtemps, mais quelqu’un d’autre ne le laisse pas faire 😉

Pendant le petit déjeuner, quelqu’un nous rend visite. Serait-ce le même couple que j’ai vu tôt le matin ?

Après le petit-déjeuner, j’envoie le drone vers l’épave malaisienne, « Khan Yang ».

Il est dans un état de délabrement avancé.

De plus, il y a quelques années, un fort cyclone a « projeté » l’épave sur le récif, de sorte qu’elle se trouve désormais dans le lagon.

Encore une photo prise de près.

Vers 11h, nous commençons les préparatifs de retour vers l’île Raphaël. Entre temps, la météo s’est nettement dégradée, avec des vents forts et de fortes pluies en route.

Nous nous dépêchons de charger notre matériel.

Alors que nous nous éloignons du rivage, il commence à pleuvoir.

Après 10 minutes, nous devons retourner sur l’île du Sud car M. Boulon, sous la pluie battante, est incapable de voir les obstacles inattendus et nous risquons de rester coincés sur le récif.

Nous attendons la fin de la pluie dans un bungalow utilisé par les pêcheurs.

Au bout d’une demi-heure, la pluie cesse et nous repartons. Les trois heures et demie de trajet jusqu’à l’île Raphaël nous semblent interminables. Cette fois, nous sommes constamment trempés par les embruns des vagues qui viennent se briser sur notre bateau.

Quand nous arrivons, nous sommes trempés jusqu’aux os.

Cette fois-ci, nous ne nous arrêtons pas sur l’île mais nous dirigeons directement vers la Frégate, ancrée en eau plus profonde. Nos bagages sont déjà à bord, il ne nous reste plus qu’à transférer notre matériel photo.

Sur la Frégate, toute polie, l’équipage nous attend avec le dîner…

… préparé dans la cambuse.

Ce sera un merveilleux « curry de poisson » à base de capitaines fraîchement pêchés.

Nous passons la nuit sur la Frégate qui ne repartira vers l’île Maurice que demain matin.

Après le coucher du soleil, notre “jumeau” Albatros, tout juste arrivé de Port Louis, vient à nos côtés.
Jour 10

18.04.2024 05:53 – Après une nuit paisible passée sur la Frégate, nous savourons l’instant avant le lever du soleil.

L’équipage de l’Albatros dort encore.

Le voyage commence bien ; l’océan est calme et les vagues sont petites.

Après deux heures, le temps change radicalement : un vent fort souffle de l’est et le navire doit affronter de hautes vagues. La traversée du pont requiert des compétences acrobatiques.

Parfois, les vagues sont si hautes que l’eau recouvre entièrement les fenêtres du pont.

Sur le pont, la plupart des passagers sont en position horizontale.

L’équipage tente sa chance en traînant un leurre derrière le bateau au bout d’une ligne. Soudain, quelque chose de gros est attrapé. Il faut maintenant sortir la prise de l’eau sans casser la ligne.

Ça a marché : c’est un thon de 7 kilos.

Une heure plus tard, un autre a été attrapé.
Jour 11

19.04.2024 06:28 – Après une nuit agitée, le prochain et dernier jour de notre expédition arrive.

Trois heures et demie plus tard, les bagages sont tirés sur le pont alors que nous approchons de Port Louis.

Un littoral familier apparaît à l’horizon..

Le pilote automatique est désormais désactivé et le capitaine est concentré car il y a beaucoup de trafic dans le port.

Port Louis nous accueille avec un temps magnifique. Face à nous se trouve le Caudan Waterfront, un ancien port qui abritait des entrepôts portuaires, des ateliers maritimes et des compagnies commerciales, qui a été entièrement reconstruit dans les années 1980 et 1990 sur les plans de l’architecte mauricien Maurice Giraud. Aujourd’hui, on y trouve des hôtels, des bureaux, des restaurants, des banques ainsi qu’un théâtre et une salle de concert.

11:09 – La Frégate s’est amarrée exactement au même endroit que nous l’avions quittée il y a 11 jours. Tout le matériel photo est déjà chargé dans ma voiture. Notre expédition est terminée, mais pas le travail qui y est associé. Pierre continue de travailler sur son album, et moi sur mon site internet, où en plus du projet “Saint Brandon”, je voudrais décrire de nombreux autres projets dans lesquels j’ai été et serai actif en tant que photographe.
